LA COIFFURE FÉMININE

Les nombreux bonnets qui ont existés en Lorraine se présentent à peu près de la même façon : un fond emboîtant la chevelure, un bandeau couvrant cheveux et oreilles, les barbes plus ou moins importantes et les brides permettant de fixer le tout sous le menton. Nous pouvons toutefois distinguer : les coiffes de travail pour la semaine et les bonnets des grands jours et des cérémonies.
La halette : pièce la plus fonctionnelle de l’ancien costume. Le fond est constitué par un cercle de tissu froncé sur les bords et sur lequel s’adapte le bandeau initial. Le tissu peut-être maintenu par des planchettes de bois très léger. Très emboîtant, il protège parfaitement des ardeurs du soleil et lorsqu’il fait vraiment trop chaud, la paysanne relève les bords du bavolet et les attache sur le dessus de la tête avec des épingles.

Le béguin : avec la halette c’est lui qui est porté le plus longtemps en Lorraine. De forme simple, il était facilement réalisable : un petit fond arrondi emboîtant le chignon, relié à un bandeau plat descendant en pointe vers le menton. Des brides de coton ou de batiste s’attachent sous le menton, une petite dentelle étroite ou de la broderie anglaise apportent une note raffinée à cette coiffure stricte. Avant 1850, il servait aussi de dessous à la coiffe des grands jours, que l’on fixait à l’aide d’épingles de laiton. C’était le moyen de protéger le beau bonnet du contact des cheveux et lui éviter de nombreux lavages et remises en forme au fer à tuyauter.

La cornate : surtout porté en pays messin, elle utilise pour sa confection des tissus rustiques : finette, sergé de coton, lin ou chanvre. Elle est formée de deux pièces reliées entre elles sur le sommet de la tête par des parties arrondies. Sa forme générale est celle d’un quart de cercle, une coulisse à la base du cou permet le passage d’un ruban ou d’un lacet qui se noue sur la tête. Elle s’attache sous le menton par deux frioles. Certains de ces bonnets sont en inolienne imprimée à Mulhouse. Les motifs fleuris sont minuscules, les couleurs sont le brun, le rouge et le violet. La plupart utilisent deux épaisseurs de tissus souvent de dessins totalement différents, quelques-uns intercalent une ouatine et sont surpiqués de losanges. En pays messin les brides des bonnets prennent le nom de « gormates » et s’appliquent aussi bien à ceux des jours de semaine qu’à ceux des jours de fête.
La jwifasse : elle reprend la même forme que le béguin mais son fond est plus volumineux. C'est une coiffe d’hiver, matelassée à l’extrême, comportant deux, parfois trois épaisseurs de laine cardée ou de molletons entre les tissus extérieurs. Le tout est réuni à petits points formant un croisillon de lignes droites ou en biais.
La guid’leune : Réservée au pays messin, elle utilise elle aussi la technique du matelassage. Confectionnée dans de la bastite, de la toile de lin ou de l’indienne imprimée, sa forme est totalement différente de tous les autres bonnets précédemment décrits. Le fond est constitué de trois parties : une centrale et deux latérales, pas de bandeau ni de volants de cou. Le musée de Metz en possède quelques exemplaires dont une particulièrement intéressante en indienne à dessins bleus. Elle est matelassée de trois couches de molletons et doublée de toile de lin écrue. Le bord du bonnet est terminé par une bordure en taffetas du même bleu que les motifs. Le piquage est réalisé à la main à points minuscules et forme un réseau de losanges imbriqués les uns dans les autres.
Fichus et foulards : dans le pays messin et le pays haut, ils alternaient avec le béguin pour les travaux de la maison et des champs. Vers la fin du XIXème siècle, les femmes âgées, portaient pour se protéger du froid, des petits fichus de laine tricotés ou crochetés. Ils étaient pliés en triangle et placés sur la tête, la pointe en avant vers le visage, les deux pans flottants noués sous le menton.
Les chapeaux de paille : il ont une forme allongé vers l’avant. Un ruban de velours noir les maintiennent sur la tête, se fixant sous le cou.
A la fin du XVIIIème siècle, on pouvait voir à Metz des bonnets en organdi à petit fond et bandeau orné de trois rangs de tulle tuyauté. Le bavolet comportait des petits plis lingerie dans toute sa longueur, les brides étaient en satin blanc, une rosette de ruban de même nature ornait l’arrière.

Si les coiffes les plus anciennes sont brodées à la main, celles qui datent d’après 1850 sont réalisées mécaniquement. Comme pour les châles, les fonds et les bandeaux étaient manufacturés dans le sud de la France ainsi que dans les ateliers de Lyon et vendus à plat pour les colporteurs.
A partir de 1850, les bonnets les plus courants sont ceux réalisés à fond rond avec bandeau réduit sur lequel se fixent deux à trois volants de broderie anglaise. Ces bonnets se portaient en arrière sur le sommet de la tête.