Il est intéressant de constater la variété des costumes qui traduisent bien la nature des régions et la richesse de ses
populations.
La Lorraine fut de tous temps et fort souvent contre son gré une terre d'invasions et de passages. La superposition des
espaces divers qui la composent morcelle son unité en lui donnant son originalité. Le Pays Haut n'a que peu de
ressemblance avec le Pays Messin ou avec le pays de Bitche. Ces dissemblances se retrouvent dans le mode de vie. Le
vêtement qui est dans un premier temps un moyen de protection contre le froid, la chaleur, les travaux, devient par
l'imagination de ceux qui le portent un signe distinctif. Depuis 1830 environ, le costume régional a subi des changements
de plus en plus fréquents et la transformation de l'ancienne mode a successivement gagné les villages proches de la ville
pour envahir petit à petit les localités les plus éloignées.
La région de Metz étant d'un niveau social élevé au XIXème siècle, le costume traditionnellement porté par notre groupe
est celui du bourgeois et de la bourgeoise.
LE COSTUME BOURGEOIS (XIXème)
Il date des années précédant la Révolution française.

La bourgeoise revêtait pour les jours de fête et les dimanches :
- Une paire de bas blancs, une paire de chaussures à brides ou parées de boucles de cuivre ou d'argent.
- Une culotte fendue et un jupon blanc, à nombreux plis et volants, ornés de dentelles et souvent brodés.
- une chemise de toile blanche, à col et manches ornés de dentelles et dépassant du caraco ;
- une jupe et un caraco de même couleur en satin ou en soie ;
- un tablier, de couleur voyante, et parfois brodé de soies de différentes couleurs ;
- un mouchoir de cou (mochu), brodé de guirlandes de fleurs, bordé de franges aux couleurs assorties.
Plié en pointe,
le mochu drape les épaules, se croise sur la poitrine, ses extrémités sont cachées par le tablier ;
- une paire de mitaines blanches (gants ne couvrant que la première phalange des doigts) ;
- une coiffe (qui fait ici, avec la coiffure, un chapitre entier)
- le seul bijou que la messine porte est la croix dite "Jeannette", en patois "lè janète".
L'HABILLEMENT MASCULIN

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Couple paysans endimanchés |
Couple enfants paysans endimanchés |
Confectionnée dans une toile de lin ou de chanvre, elle était faite pour défier le temps, les modes et
les lessives. La coupe était la plus simple possible, la géométrie étant de mise: un grand rectangle pour le devant, un
autre pour le dos, deux plus petit pour les manches. Pour donner de l'aisance, on ajoutait sous les bras un petit losange
taillé dans le biais. Dans la maison, le chanvre était réservé aux vêtements de travail et des jours de semaine.
Le dimanche et pour les fêtes carillonnées, le lin, plus fin était de rigueur.
Le jupon
En futaine, pilou, lin ou en piqué de coton, se superposait ou s'enlevait au gré des saisons sur la
chemise. Les plus anciens, à l'instar de la chemise, se présentaient comme deux rectangles cousus sur les cotés, une
coulisse permettant de passer un long ruban ou une cordelière à nouer autour de la taille.

Par dessus les épaisseurs conjuguées de la chemise et des jupons va s'ajouter celle de la jupe. Le
tissu comme pour le reste des vêtements était de fabrication ménagère. Le résultat était une étoffe solide, d'aspect
rustique appelé droguet ou tiretaine.
La Robe
Beaucoup plus rare que la jupe, la robe restait l'apanage de quelques paysannes pouvant utiliser les
services d'une couturière. Cette robe était le plus souvent achetée à l'occasion des mariages.
Le Corset
Il peut être lacé dans le dos ce qui assure une plus grande aisance, une petite basque descend sur
les reins et le devant se termine par deux pointes dissimulées sous le tablier.
Le Caraco
C'est un corsage citadin, tout droit importé de Paris. Il a été porté en ville d'abord par les femmes
ayant abandonné le costume traditionnel mais ayant conservé la coiffe.
Les Bas
Ils étaient tricotés pendant les veillées d'hiver avec la laine filée à la maison. C'était avant tout
des objets fonctionnels qui avaient valeur de protection contre le froid.
Les Chaussures
Jusqu'aux années 1850 ce sont les chaussures en cuir épais avec boucles de cuivre qui prédominent.
Après 1900, les solides bottines à boutons ou à lacets remplacèrent les souliers à boucle.
Les Châles
Ce sont des carrés de mousseline brodée, pliés en triangle et drapés sur les épaules pour les jours de
fête.
Le Tablier
C'est une simple pièce d'étoffe fixée par le devant, d'abord d'usage utilitaire il fait ensuite partie
intégrante du costume dominical.


Au niveau vestimentaire, la paysanne de travail présente peu ou prou les même habits que la paysanne
endimanchée mis à part les tissus, plus rustiques (et donc plus fonctionnels), de préférence en laine ou coton pour
protéger de la chaleur en été et garder une température agréable en hiver ; les traditionnels sabots, robustes et bourrés
de paille en guise de chausson et la célèbre culotte fendue bien pratique pour se soulager au milieu des champs. En outre,
les dessous des paysannes de travail sont bien moins nombreux.
La halette (la coiffe de travail), bien pratique pour se garder du bronzage, est décrite
ici.
L'HABILLEMENT MASCULIN
La chemise
Au Moyen-age, elle est largement ouverte à l'encolure et pourvue de vastes manches sans poignets que
l'on remonte lors de travaux des champs. En rude toile de chanvre pour les classes laborieuses, elle doit pouvoir résister
à plusieurs saisons. Celles que l'on retrouve au XVIII et XIXème siècles sont taillées d'une seule pièce dans la largeur
du lé. Il n'y a pas de couture aux épaules, le passage de la tête se fait par une ouverture ovale et une fente sur la
poitrine. Dans les villages, ces chemises se sont conservées chez les personnes âgées jusqu'aux alentours de 1925.
Dans les villes, au contraire, la chemise manufacturée à plastron et col rigide avait remplacé la chemise traditionnelle
dès 1880. Le col se laisse droit à la fin du XVIIè siècle, un foulard de soie claire entoure le cou et se noue sur l'avant
à la façon des jabots de citadins. Pour le travail, c'est le mouchoir de Cholet plié en triangle qui est utilisé. Par la
suite, le foulard est en soie noire, plié en triangle, noué encore sur l'avant, mais les pointes sont rentrées sous le
plastron et fixées par une épingle à cravate en or, en argent ou en laiton.
La culotte et le pantalon
Les pantalons de coutil, unis ou à rayures grises et bleues, ont remplacé la culotte pour les travaux
des champs, puis se furent les larges pantalons de velours côtelé. Culotte ou pantalon étaient maintenus en place par une
large ceinture de flanelle. Les larges et solides bretelles vinrent consolider le tout à la fin du XIXè siècle. Pour les
cérémonies, le pantalon rayé gris et noir était associé à la redingote.
Le gilet
Il fait son apparition dans le costume au XVIIè siècle. Facile à enfiler, il ne gène pas lors de
certains travaux et cependant il protège efficacement le dos. En futaine, en toile de chanvre, à son début, il va adopter
des tissus plus raffinés quand il fera partie de l'habit de cérémonie : damas, soie ou satin broché. A partir de 1860,
les tissus sont sobres (serge de laine, drap) et quelques années plus tard, les lorrains adoptent le gilet noir assorti
aux redingotes et aux queues de pie.
La redingote, la veste
A la fin du XVIIIè siècle, l'habit à longs pans devient la pièce principale du costume de mariage en
pays messin. Assorti à la culotte, il est en drap à parements de velours ou de soie, les couleurs les plus utilisées sont
le bleu sombre, le vert sapin ou le noir. Pour se protéger du froid, il existait aussi de lourdes capes en droguet,
tiretaine ou bureau dans lesquelles les villageois s'enroulaient confortablement pour aller à la veillée chez les voisins.
Contrairement à celles de femmes, les capes ne comportaient pas de capuchon, mais un large col qui se relevait bien haut
pour protéger les oreilles.
Les chapeaux
A Metz, nobles et bourgeois arborent le tricorne avec pointe à l'avant, issu de modes parisiennes.
Vers 1820, le tricorne acheté à l'occasion du mariage devient la coiffure d'apparat du paysan lorrain ; il le restera
jusqu'en 1850. Au milieu du XIXè siècle, la mode des hauts de forme apparaît. Il remplacera le tricorne dans le costume de
cérémonie, c'était aussi la marque de distinction des colporteurs, ainsi que de quelques corporations d'artisans qui le
portaient avec le nom de leur profession inscrit dessus. Le petit chapeau à feutre à bords étroits n'a été porté
qu'après 1918.
Les blouses

Dans le pays messin, elles étaient courtes dans la première moitié du XIXè siècle, en 1880 elles
descendaient à mi-mollet. Le col est fermé par un bouton, une agrafe ou deux rubans de même tissu.
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